La Provence s’en fait l’écho : 68 % des Français attendent des actions écologiques plus fortes 

Article La Provence du mardi 21 octobre 2025

 

Pour approfondir le sujet, ETRE vous propose une analyse de l’enquête Ipsos-BVA, enrichie par une synthèse des principaux enseignements relayés dans la presse nationale et régionale.

Les Français et l’urgence écologique : le sondage Ipsos-BVA pour le Réseau Action Climat

Le dernier sondage Ipsos-BVA, réalisé pour le Réseau Action Climat et largement repris dans la presse régionale, révèle un panorama nuancé mais sans ambiguïté du rapport des Français à la transition écologique. En cette rentrée 2025, la société française se montre à la fois profondément inquiète face à l’intensification des événements climatiques extrêmes et exigeante envers l’action du gouvernement, jugée massivement insuffisante par les citoyens. Cet article propose une analyse synthétique des principaux résultats de cette enquête, met en perspective les priorités perçues et les attentes pour alimenter la réflexion locale, notamment dans notre association ETRE.

Un constat partagé : inquiétude et lucidité face au dérèglement climatique

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 93 % des Français constatent une hausse des événements climatiques extrêmes – canicules, sécheresses, inondations, incendies – et 91 % attribuent cette aggravation au changement climatique. Cette expérience du dérèglement n’est plus cantonnée à une minorité : 89 % des sondés se déclarent inquiets, dont un tiers “très inquiets”.
Ce sentiment traverse toutes les générations et milieux sociaux, bien que les femmes de moins de 35 ans et les cadres affichent une sensibilité encore plus marquée. L’éco-anxiété, soulignée par cette enquête, est devenue un phénomène collectif, ancré dans le vécu quotidien de la population.
S’ajoute une demande d’action concertée : deux Français sur trois considèrent que l’État doit “accentuer la planification écologique” et créer des emplois dans la transition, même si cela suppose davantage de contraintes et un surcoût pour les finances publiques.

Des priorités environnementales qui transcendent les clivages

Les attentes envers l’État et la classe politique

Si l’inquiétude écologique est générale, le reproche adressé au gouvernement l’est tout autant. 68 % jugent qu’Emmanuel Macron et ses différents gouvernements “ne sont pas allés assez loin” en matière d’écologie. Ce constat rassemble au-delà des bords politiques, y compris chez une partie de la majorité présidentielle, signalant que la demande de cohérence et de détermination écologique ne relève pas d’un simple clivage gauche/droite.
Notons cependant qu’une certaine diversité d’approches perdure : 56 % des Français souhaitent placer la transition écologique parmi les axes prioritaires du prochain gouvernement, mais 44 % estiment que d’autres sujets doivent rester au premier plan (santé, pouvoir d’achat…).
Un soutien massif aux mesures concrètes
Les mesures écologiques testées dans l’enquête recueillent un soutien impressionnant et transversal :
  • Limiter l’usage des pesticides : 78 % de soutien
  • Encourager le développement des énergies renouvelables : 75 %
  • Installer des panneaux solaires sur les bâtiments existants : 89 %
  • Maintenir l’objectif “zéro artificialisation nette” : 87 %
  • Aider les communes à s’adapter au changement climatique : 79 %
  • Conserver le dispositif MaPrimeRénov’ pour la rénovation performante des logements : 76 %
  • Conditionner les aides publiques aux entreprises à des engagements écologiques et sociaux : 75 %
  • Soutenir une fiscalité écologique et équitable : 72-73 %
Voici une illustration synthétique de ces soutiens :
Soutienauxmesuresecologiques

Soutien des Français aux mesures écologiques (Ipsos BVA, sept. 2025)

Une société prête à adapter son modèle mais attentive à la justice sociale

L’acceptation de contraintes, mais pas à n’importe quel prix

Contrairement à certaines idées reçues ou discours anxiogènes sur un “ras-le-bol” écologique, la majorité des Français ne rejettent pas les efforts nécessaires à la transition. En revanche, ils souhaitent que ces efforts soient partagés équitablement et assortis de garanties sociales :
  • La fiscalité verte est acceptée dans la mesure où elle favorise les ménages modestes et pénalise davantage les comportements les plus polluants
  • La planification écologique doit apporter des bénéfices concrets sur la santé et le pouvoir d’achat, notamment via la réduction des factures énergétiques et la rénovation des logements.

Le rôle clé des territoires et des initiatives locales

L’enquête souligne également le besoin d’accompagnement des collectivités pour réussir la transition et l’adaptation sur le terrain : la rénovation des bâtiments publics, la végétalisation des espaces, ou encore le soutien à l’agriculture durable apparaissent parmi les axes plébiscités.
Une vision d’ensemble se dégage : pour être acceptée et efficace, la transition doit être planifiée, équitable et ancrée dans la vie réelle, non dans les seules annonces politiques.

Focus : l’éco-anxiété, nouveau fait social structurant

La progression de l’éco-anxiété interroge sur le plan psychologique et sociétal. Selon l’étude, seuls 11 % des répondants se disent peu ou pas inquiets face aux enjeux climatiques. Ce taux quasi unanime d’inquiétude invite à considérer l’accompagnement au changement comme un vrai défi, au même titre que la transition technique elle-même.

Ecological concern chart

Niveau d’inquiétude écologique des Français (Ipsos BVA, sept. 2025)

Conclusion : une “écologie de solutions” à construire collectivement

La France de 2025 n’est ni dans le rejet de l’écologie, ni dans le fatalisme. Elle veut une planification ambitieuse, juste, efficace – et surtout crédible. L’enquête Ipsos-BVA pour le Réseau Action Climat clôt le débat sur l’attentisme supposé des citoyens et pose la question du passage à l’acte côté pouvoirs publics. Pour notre association ETRE, ces résultats sont un moteur : ils légitiment l’action locale, le plaidoyer pour la santé et le climat, et l’exigence de solutions concrètes et inclusives.
Ensemble, poursuivons la mobilisation et la sensibilisation, pour mettre en cohérence les attentes citoyennes avec les politiques mises en œuvre sur notre territoire.

Sources : Sondage Ipsos-BVA pour le Réseau Action Climat, septembre 2025 ; synthèses presse nationale et régionale.

Article rédigé par Jean-Louis MANIFACIER

Article rédigé par Jean-Louis MANIFACIER

“L’homme appartient à la nature car tout est interdépendant. C’est pourquoi je m’investie pour améliorer ce lien dans notre beau village d’Eyragues.”

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